Membre de ClickFR, Reseau francophone Paie-Par-Click

 

Tipaza Djemila Hippone Timgad Saoura Home

 

Timgad :

  Timgad: « la » ville romaine! Tous les lycéens qui pâlissent sur leur Histoire devraient pouvoir visiter Timgad. En une heure, ils auraient tout compris : l'Ordre romain, la Puissance romaine, la Paix romaine, la Jouissance romaine..., et su­bitement plus rien, rien que le silence et la mort, l'Empire rayé et, là-bas, un squelette de ville parfaitement décharné que survolent les aigles surgis des monta­gnes proches.Pompéi nous est restituée grâce à la chape de cendres qui la recouvrit. Ici, c'est le sable mais plus encore l'oubli qui nous valent de découvrir cette ossature parfaite, cette ville ramenée à l'imperson­nalité d'une épure d'architecte. En 1765, un voyageur anglais signale quelque cho­se...

  Mais ce n'est qu'en 1880 que l'on commence à dégager l'antique Timgad.

  Aujourd'hui, les rues dallées sont pro­pres, comme balayées chaque matin ; les places, les patios, les maisons semblent attendre les plombiers qui raccorderont les canalisations, les maçons qui rehausseront quelque peu les murs, les cou­vreurs qui replaceront les toits qu'une tornade venue de l'Aurès a sans doute emportés la nuit dernière...

  La montagne est là, bloquant l'horizon. L'hiver, de grandes traînées de neige descendent jusqu'aux portes de la ville. Et le vent siffle à travers la forêt de colonnes ébréchées, tourbillonne dans la conque du théâtre, creuse davantage le sillon laissé par les chars sur les dalles des rues rectilignes, s'engouffre sous les arches de la porte de Trajan pour se perdre dans l'immensité des labours qui commencent aux limites de la cité.

  L'air est pur à 1100 m d'altitude, même au gros de l'été. Les ombres sont denses, les arêtes vives, les plaies de la pierre apparentes. Mille fûts de calcaire brun ou de marbre gris semblent jaillir d'un seul élan vers le ciel d'un bleu profond.

 Il n'y en a pas deux de semblables. Une cannelure, une  brisure, une blessure qui lui est propre fait de chaque  colonne un témoin personnalisé de la mort de Timgad.

 

 

 

 

   La retraite du guerrier

  L'Aurès, on le sait, a toujours été le foyer indomptable dont eurent à pâtir envahisseurs et colonisateurs, le centre de toutes les rébellions.

   Espérant faire la part du feu, c'est-à-dire préserver les colons installés en Numidie du Nord, en bloquant dans leurs monta­gnes les redoutables Aurésiens, Rome fonde Lambèse, place militaire considé­rable que vient tenir un corps d'élite, la Legio Tertia Augusta. Mais au soldat, même d'élite, il faut des loisirs, et, la retraite venue, l'Etat doit lui donner une terre qu'il cultivera pour la gloire de Rome. De ces deux impératifs est née Timgad, sur le plateau, à moins de 20 km de là, par ordre de Trajan, à la fin du Iersiècle Thamugadi devint lieu de résidence, de détente, de repos. La somptuosité des mosaïques retrouvées suffirait à dépein­dre l'aisance, le raffinement, voire le luxe, qui régnèrent ici. Le dallage de l'auberge incitait le consommateur à commander gibier, fruits rares, gâteaux savants et même, en ce coin perdu des plateaux, langoustes, palourdes, fruits de mer com­me à Carthage... Le théâtre, mais plus encore la bibliothèque (dont on ne connaît d'équivalent qu'à Ephèse, en Asie mineure) montrent une société également avide de culture

   L'arrivée du christianisme et surtout l'hostilité féroce qui se développe rapide­ment entre catholiques, donatistes, aria­nistes sont un ferment de troubles. Egli­ses et basiliques rivales se construisent et se succèdent au long de ces premiers siècles. Mais ce n'est qu'au Ve que les tribus descendues des Aurès prennent une revanche longuement mûrie. La ville romaine est détruite.

Les Byzantins, dans leur tentative méritoire mais éphémère de restauration de l'Empire, relèvent Thamugadi. Salomon, général de Justinien, fait de l'ancienne ville de plaisir romaine une place forte. Une forteresse impressionnante est cons­truite au sud, face aux montagnes. Mais au VIIe siècle, tout se termine ; le silence tombera définitivement sur la ville.

  Somptueuses mosaïques

A gauche de l'allée d'accès à la ville antique, un bâtiment précédé d'un vaste parvis où ont été dressées d'élégantes colonnes cannelées abrite un musée aux curiosités exceptionnelles. En premier lieu, des mosaïques d'une finesse d'exécution et d'une richesse de composition égales à celles que l'on peut voir en Tunisie, à DEL gem notamment, et qui sont réputées être les plus belles du monde .

Certaines compositions géométriques où s'entremêlent les rinceaux, où éclatent des sœurs de fleurs, où les pampres encadrent un motif à personnages, ont toutes les qualités d'une noble tapisserie, avec, en plus, l'éclat de la céramique vernissée. Elles sont une centaine à être exposées, et il faudrait pouvoir les détailler toutes. La plupart sont prodigieuses. Dans des salles annexes. on peut voir de multiples objets trouvés sur place : heur­toirs de portes, poteries, amphores, jeux en os, boites à fards, vases et statuettes de bronze et même de vulgaires clous forgés voici près de deux mille ans...

Contre le mur du musée et en bordure d'allée, de nombreuses stèles votives dé­diées à Saturne (motif du bélier) ont été dressées. Les petits personnages qui les ornent sont toujours expressifs et sou­vent cocasses, nous apportant, en direct pourrait-on dire, le sourire des lointains habitants de Thamugadi.

 

 

   Un guide compétent peut facilement inté­resser, durant trois heures d'horloge, les visiteurs curieux de toutes les richesses de Timgad.

La ville n'est pourtant pas tellement étendue. Elle est

 circonscrite dans un carré de 355 m de côté coupé par deux

 voies principales se croisant au centre près du forum. Les

 constructions exté­rieures sont pour la plupart des thermes

 ou des édifices de l'époque chrétienne. Vers l'est, au-delà de

 la porte de Trajan, les maisons d'un faubourg commerçant

 bordent l'ancienne route de Lambèse qui descend vers une

 dépression du plateau. Aucun édifice moderne ne vient

 détruire cette rare harmonie.

Les points saillants de la visite sont constitués par la

 bibliothèque de plan semi-circulaire, avec ses niches à

 classement pour les volumes, le forum entouré de portiques

 surélevés, le théâtre, qui est un remarquable belvédère,

 surtout lors­que le soleil couchant vient allonger

 démesurément l'ombre des centaines de colonnes.

L'arc de Trajan se dresse dans cette même direction. A l'extérieur de la ville, il faut s'attarder devant le temple du Génie de la Colonie (à droite de l'arc de Trajan) qui se signale par deux splendi­des colonnes corinthiennes encore reliées

 par une architrave. De l'autre côté de la voie se tenait le marché de Sertius, du nom d'un dignitaire provincial qui fit don de cette belle construction à sa ville. A peu de distance, dans la même direction, le Capitole, temple majeur enclos de murs, où l'on vénérait les dieux garants de l'unité de l'Empire  Jupiter, Junon, Minerve. Le temple occupe le fond d'une esplanade dallée large de plus de 100 m et entourée de portiques aux hautes colonnes.

    Nettement à l'extérieur de l'aggloméra­tion, se dresse le fort byzantin, massive construction rectangulaire, véritable ville close flanquée de tours de défense.

    En revenant vers le nord par un sentier derrière le Capitole, on parvient à un ensemble d'édifices flanquant une vaste basilique et qui devait constituer le palais épiscopal de l'évêque donatiste. Le bap­tistére avec sa cuve hexagonale à trois degrés, recouverte d'une mosaïque intac­te, évoque l'importance de cette église dissidente qui tint concile ici même et contre laquelle fulmina l'évêque d'Hippone, le futur saint Augustin.

 


       [Home]  [Vue Générale]  [Histoire]  [Villes Touristiques]  [Musées]  [Hôtels]  [Photos]  [Contact]

 AlgerieGuide Février 2001